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Fresque décoloniale et collaborative


Le projet 
 
 
La fresque collaborative est une initiative du Centre Placet, née dans le sillon du projet de balade décoloniale du campus de Louvain-La-Neuve1. 

Le Centre Placet accompagne des étudiant·e·s internationaux·ales à Louvain-la-Neuve. Depuis plusieurs années, il explore les questions d'interculturalité et de colonialité dans les espaces, les savoirs et les récits qui nous entourent. 

Cette fresque est le fruit d'un processus participatif : elle a été construite avec et par des citoyen·nee·s et et des membres de l'équipe, à partir de ce qu'ils·elles ont vu, ressenti et pensé lors d'une semaine d'ateliers en août 2025. 
 
La fresque est issue d'un processus en plusieurs étapes, pensé avec Eric Arenas (doctorant en sciences politiques et sociales & résident du Centre Placet) et réalisé artistiquement par Loup Bellem. 

Une fresque décoloniale et collaborative sur la façade du Centre Placet

Une fresque décoloniale et collaborative sur la façade du Centre Placet

Exploration collective des traces coloniales présentes dans l'espace universitaire et récolte de mots

Exploration collective des traces coloniales présentes dans l'espace universitaire et récolte de mots

Une œuvre pensée avec Eric Arenas et réalisé artistiquement par Loup Bellem

Une œuvre pensée avec Eric Arenas et réalisé artistiquement par Loup Bellem

Les participant·es ont contribué à la peinture de la fresque

Les participant·es ont contribué à la peinture de la fresque


 
Comment la fresque a-t-elle été créée ?  

1.  Animation avec le Collectif Mémoire Coloniale et Lutte contre les Discriminations : exploration collective des traces coloniales présentes dans l'espace universitaire & récolte de mots - chacun·e a partagé un mot clé associé à une émotion, une question ou une réaction.  

2.  Atelier créatif : discussion sur la notion de colonisation, suivie d'une phase de peinture - chaque participant·e a réalisé une toile individuelle pour former une multitude de drapeaux. 

3.  Création de la fresque - Loup Bellem a travaillé à partir de l'ensemble de ces matériaux pour composer une œuvre abstraite collective. 

4.  Réalisation collective - les participant·es qui le souhaitaient ont contribué à la peinture de la fresque. 


 
Note d’intention de l’artiste, Loup Bellem 

« Cette peinture, c’est avant tout un moyen d’immortaliser les balades et les échanges qu’on a eus cette semaine autour de la mémoire coloniale. Pour la créer, je suis parti·e des mots-clés écrits par les participants.es après la balade de lundi. J’ai cherché à traduire en émotions et en sensations tout ce qui est ressorti de nos discussions. J’ai choisi un style abstrait parce que je trouve qu’elle peut intriguer, chacun·e à sa manière de la percevoir. Cela pousse à se poser des questions, aussi bien tout seul qu’en groupe, et ça lance naturellement le débat. J’aime l’idée que le visuel puisse interpeller. Et si les gens auront envie d’en savoir plus. Il leur suffira de scanner le QR code juste en dessous pour découvrir l’explication complète du projet. Le but de cette œuvre est de garder une trace de ces moments d’éveil qui donnent envie d’interroger le passé et de faire bouger les choses. Dans ce contexte, c’était essentiel pour moi de créer une peinture qui reflète une démarche collective et d’exprimer visuellement l’énergie de cet atelier. » 

 

Ils·elles en parlent 
 
« La décolonisation c’est remettre en question les stéréotypes et représentations hérités de la période coloniale concernant les populations africaines, asiatiques ou autochtones. » 

« Il est important pour moi de m'inscrire dans un espace civique et/ou un collectif respectueux des différences et des singularités à la fois. Où notre voix est possible et entendue comme une opportunité, un talent qui s'ouvre au monde. »

 

Poème “Masa” de César Vallejo 

« En ces temps marqués par les conflits, l'individualisme et les vestiges de la colonisation, nous lançons un appel à la solidarité humaine et à l'union collective, dans l'espoir de construire un monde où plusieurs mondes puissent coexister. C’est pourquoi César Vallejo (poète péruvien) nous adresse cet appel. » Eric Arenas 

Français Espagnol

À la fin de la bataille, 
une fois le combattant mort, un homme s’approcha de lui
et lui dit : « Ne meurs pas, je t’aime tant ! »
Mais le cadavre, hélas ! continua de mourir. 

Deux autres s’approchèrent de lui et lui répétèrent :
« Ne nous quitte pas ! Courage ! Reviens à la vie ! »
Mais le cadavre, hélas ! continua de mourir. 

Vingt, cent, mille, cinq cent mille se précipitèrent vers lui,
s’écriant : « Tant d’amour et ne rien pouvoir faire contre la mort ! »
Mais le cadavre, hélas ! continua de mourir. 

Des millions d’individus l’entourèrent,
avec une supplique commune : « Reste, mon frère ! »
Mais le cadavre, hélas ! continuait de mourir. 

Alors tous les hommes de la terre
l’entourèrent ; le cadavre les vit, triste, ému ;
il se redressa lentement,
étreignit le premier homme ; il se mit en marche… 

Al fin de la batalla, 
y muerto el combatiente, vino hacia él un hombre 
y le dijo: «¡No mueras, te amo tanto!» 
Pero el cadáver ¡ay! siguió muriendo.

Se le acercaron dos y repitiéronle: 
«¡No nos dejes! ¡Valor! ¡Vuelve a la vida!» 
Pero el cadáver ¡ay! siguió muriendo. 
 

Acudieron a él veinte, cien, mil, quinientos mil, 
clamando «¡Tanto amor y no poder nada contra la muerte!» 
Pero el cadáver ¡ay! siguió muriendo. 
 

Le rodearon millones de individuos, 
con un ruego común: «¡Quédate hermano!» 
Pero el cadáver ¡ay! siguió muriendo. 

Entonces todos los hombres de la tierra 
le rodearon; les vio el cadáver triste, emocionado; 
incorporóse lentamente, 
abrazó al primer hombre; echóse a andar... 


Ce que la fresque leur évoque… 
 
« Une histoire, la diversité, l'unité dans la diversité, l'espoir. » 
« Mouvance, brassage, mixité, monde complexe et riche, enchevêtrements, rencontres, fluidité de l'eau, dureté du noir, zones lumineuses, zones plus difficiles, îlots de répit. » 

 

Et vous ? 

Cette fresque vous évoque quelque chose ? Vous avez participé à l'un des ateliers et souhaitez laisser une trace ?
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Fresque décoloniale - impressions, évocations


Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles.